Aller au contenu
Sevara
Rechercher

Vayéra

Chapitre 2 sur 3

La question de la certitude prophétique

La question : comment a-t-il su ?

Dieu dit à Avraham de lier Isaac, son fils. C’est un ordre terrible.

Alors comment Avraham a-t-il su que cette voix était vraiment la voix de Dieu ? Peut-être était-ce un démon venu le faire chuter ? Peut-être une illusion, une imagination du cœur ?

La prophétie n’est pas un texte, mais une vision

Cette question suppose que la prophétie est comme une lettre : on reçoit un message, et il faut ensuite vérifier qui l’a envoyé et ce qu’il dit. Autrement dit, elle exigerait une interprétation (une explication, une analyse).

Mais la prophétie n’est pas ainsi. C’est une expérience de perception immédiate : le prophète capte directement la parole divine, comme nous captons le monde par nos sens.

Pensez à une personne en bonne santé qui voit une table devant ses yeux. Elle ne se demande pas : « Peut-être mes yeux me trompent-ils ? ». Elle voit, tout simplement. La certitude n’est pas la conclusion d’un calcul, mais une partie de la vision elle-même.

Il en va de même pour Avraham. Il n’a pas « déduit » que la parole venait de Dieu. Il l’a perçue avec une certitude absolue, et il n’avait aucun doute sur l’origine de l’ordre.

C’est aussi ce qu’écrit Maïmonide (Guide des égarés III, 24) : la ligature d’Isaac enseigne que ce que le prophète perçoit dans la prophétie est pour lui absolument certain. Sinon, Avraham ne se serait pas empressé d’immoler son fils unique.

Conclusion. Avraham n’a pas hésité et n’a pas cherché de preuves, car la prophétie n’était pas pour lui une hypothèse, mais une certitude – la certitude de celui qui voit de ses propres yeux.